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les révolutions de 1917 à 1921
La boucherie de la guerre de 14-18 accouche d’un monde qui se révolte.

La boucherie de la guerre de 14-18 accouche d’un monde qui se révolte.

Bulletin périodique de la presse russe, publié par le Ministère des Affaires étrangères
N°92, 29 avril 1921
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Bulletin de la presse russe. Ministère des affaires étrangères

I. — AFFAIRES INTÉRIEURES.

a) L’insurrection de Cronstadt.

Le 1er mars, à 2 heures de l’après-midi, un meeting de Marins, de soldats de l’armée rouge et d’ouvriers avait lieu à Cronstadt sur la place de la Révolution. Le compte rendu qui en fut publié dans les Izvestia de Cronstadt (11-3) explique la façon dont fut constitué le Comité Révolutionnaire Provisoire.

Le meeting auquel assistaient plus de quinze mille personnes était présidé par le camarade Vassiliev, président du Comité Exécutif. Les camarades Kalinine, président du Comité Exécutif Central de toute la Russie et le commissaire de la flotte de la Baltique Kouzmine, venus tous deux de Pétrograd, prenaient également part au meeting. Il s’agissait, en principe, d’aviser aux mesures à prendre en vue de faire sortir le pays de la pénible situation de désordre et de désorganisation dans laquelle il se trouvait.

Le 2 mars, avec l’autorisation du Comité Exécutif, une réunion de délégués des vaisseaux, des unités militaires, des ateliers et des unions professionnelles, à raison de deux par Organisation, se tenait à l’ancienne École des Ingénieurs.

La réunion, présidée par le camarade Pétritchenko, nomma un bureau de cinq personnes et la parole fut donnée au représentant communiste, le commissaire de la flotte baltique Kouzmine. L’assemblée se montra dès le début hostile aux communistes et elle manifesta l’intention de constituer un organe susceptible de procéder à de nouvelles élections au Soviet.

Sur la proposition du président du Comité Exécutif, le Camarade Vassiliev, un ordre du jour sur la nécessité de se mettre à l’œuvre fut adopté à l’unanimité.

Un télégramme de Moscou envoyé à Bronski et reçu à Paris e 7 mars (13 h. 50) s’étend longuement sur les causes qui ont amené les événements de Cronstadt. Il dit que l’émeute ouverte éclata le 2 mars contre le gouvernement des Soviets, sur le bateau Pétropavlosk, sur lequel des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires de droite s’étaient introduits en se dissimulant sous le masque de membres du parti.

Le 3 mars, à 23 h. 30, la station de TSF de Viborg interceptait le télégramme suivant publié dans le Hufvudstaabadet (de Helsingiors) (5-3) :

"A tous !

Sur le désir exprimé par des matelots, des soldats et des ouvriers, tout le pouvoir à Cronstadt a été remis à un Comité Provisoire Révolutionnaire, sans qu’un seul coup de feu ait été tiré. Les communistes reconnaissent s’être trompés (illisible). Les ouvriers de Cronstadt affirment qu’un état-major blanc fonctionne à Cronstadt sous la direction du général Koslovski. Toute la flotte de Cronstadt et toutes les forteresses reconnaissent le Comité Provisoire Révolutionnaire et déclarent obéir fidèlement et absolument aux prescriptions du Comité.

Les camarades de Cronstadt vous invitent à vous unir tout de suite avec Cronstadt et à organiser des communications sûres, afin que la liberté du commerce, si longtemps attendue, puisse être obtenue par un effort commun. Camarades, la situation est grave. Nous attendons votre réponse.

Signé du Comité Provisoire Révolutionnaire de Cronstadt."

Le 2 mars, selon un radio de Moscou (6-3), reçu à Paris le 8 mars, le Soviet du Travail et de la Défense de l’Etat décidait de déclarer hors la loi, le général Koslovski. Il décidait, en outre, de proclamer l’état de siège dans le gouvernement de Pétrograd et il ordonnait la remise de tout le pouvoir, dans la région fortifiée de Pétrograd, aux comités de la défense militaire.

La Pravda de Moscou (4-3) accuse formellement les socialistes révolutionnaires et les mencheviks aidés de l’Entente d’avoir déchaîné le mouvement révolutionnaire de Cronstadt.

"C’est toujours la question de la Constituante qui les occupe. Dans le même temps, les socialistes-révolutionnaires avec le général Koslovski, veulent mettre à exécution le plan d’une constitution ententophile, à main armée."

Enfin sous le titre "Encore une rébellion", le même journal Pravda (4-3), écrit :

"Encore un Général qui a fomenté une révolte contre le Gouvernement des Soviets. Wrangel et Boulak-Balakhovitch ne suffisent pas à l’Entente. Il lui a fallu un nouveau « héros ». Et voici que, quinze jours avant l’émeute, quinze jours avant que le général Koslovski n’ouvre les hostilités à Cronstadt, les journaux de Paris lançaient aux quatre coins du monde la nouvelle d’une soi-disant émeute... Il faut en finir au plus tôt avec ce général insurgé. Le moindre retard ferait empirer la situation déjà très compromise du ravitaillement et du combustible à l’intérieur du pays, sans compte les complications qui en résulteraient dans notre situation internationale..."


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