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les révolutions de 1917 à 1921
La boucherie de la guerre de 14-18 accouche d’un monde qui se révolte.

La boucherie de la guerre de 14-18 accouche d’un monde qui se révolte.

Aux soldats rouges combattant dans les rangs communistes
Izvestia N° 8 - Jeudi 10 mars 1921
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Camarades ! Le 7 mars, sur ordre de Trotski, bourreau de la Russie ouvrière et paysanne, le feu fut ouvert depuis les batteries de Lissy Nos et de Sestroresk sur la libre Kronstadt, parce qu’elle ne voulait plus marcher sous la houlette du parti communiste qui, pour conserver le pouvoir, trahit le peuple laborieux ouvrier et paysan.

Nous ne voulions pas verser le sang, et n’avons pas tiré un seul coup de feu tant que l’on ne nous y a forcés.

Nous étions obligés de défendre la juste cause du peuple laborieux, et, partant, nous fûmes contraints de tirer. De tirer sur nos propres frères envoyés à une mort certaine par les communistes engraissés sur le dos du peuple.

Pendant ce temps, eux, leurs chefs, Trotski, Zinoviev et les autres, carrés dans leurs fauteuils moelleux, dans leurs chambres douillettes et claires, dans leurs palais royaux, ils examinaient comment noyer dans le sang, le plus vite et le plus efficacement possible, le soulèvement de Kronstadt. Pour votre malheur se leva une tempête de neige, il se fit une nuit impénétrable, et malgré tout, les bourreaux-communistes vous poussèrent sur la glace, disposant derrière vous des détachements de communistes armés de mitrailleuses.

Beaucoup d’entre vous périrent cette nuit-là sur l’immense étendue glacée du golfe de Finlande, et à l’aube, ce n’étaient plus que des groupes misérables de soldats affamés et harassés, qui se traînaient dans leurs suaires blancs jusqu’à nous, tenant à peine sur leurs jambes.

Au petit matin vous étiez un millier environ, mais dans la journée, vous deveniez un nombre incalculable. Vous avez payé cette aventure de votre sang et de vos souffrances, et, après votre déroute, Trotski s’en retourna à Petrograd envoyer à l’abattoir de nouveaux martyrs — notre sang d’ouvriers et de marins lui coûte si peu.

Et de nouveaux régiments avanceront, poussés par des communistes bien vêtus et bien nourris, cachés derrière vos dos, hors de portée de nos obus, prêts à vous régaler du feu des mitrailleuses si par hasard vous hésitez ou si vous refusez d’exposer vos vies pour défendre ces bandits. Nous, ce n’est pas ainsi que nous traitons les communistes. Tous les commissaires, et même les bourreaux de la Tchéka, nous les nourrissons d’une ration identique à la nôtre.

Nous avons refusé de donner de l’huile de table au commissaire Kouzmine bien qu’il nous ait dit ne pouvoir vivre sans huile, car l’huile de table, nous la réservons aux enfants et aux malades. Ainsi vont les choses à Kronstadt, et non de la manière que vous décrivent les communistes, selon qui des officiers blancs et des gardes blancs finlandais auraient pris la ville.

Non, ce ne sont que des marins, des soldats rouges et des ouvriers qui tiennent la ville, et ceux-ci vous donnent leur parole qu’ils vous libéreront, ainsi que toute la Russie, de ceux qui trahissent le peuple laborieux.

Prenez conscience, camarades, de ce que vous faites, et de ce vers quoi vous vous dirigez !

Regardez ce qui vous attend, ce pour quoi vous versez votre sang !

L’administration des communistes a traîné la Russie tout entière dans une

misère qu’elle n’avait jamais connue, dans le froid, dans la faim et dans bien d’autres misères encore.

Les usines, les ateliers sont fermés, les chemins de fer frôlent la paralysie.

La campagne est sucée jusqu’à l’os. II n’y a ni pain, ni bétail, ni instruments aratoires.

Ni vêtements, ni chaussures, ni combustibles — les ouvriers, les paysans, les citadins, mourant de faim et de froid, glissent peu à peu vers la tombe fatale, ayant perdu tout espoir de vivre un jour une vie meilleure.

C’est à cela que vous a menés le parti des traîtres communistes.

Voilà trois ans et demi qu’ils vous susurrent à l’oreille que tout s’arrangera bientôt, que bientôt tout sera mieux ; mais en réalité, ils vous ont raconté des blagues, ils vous ont arraché toute l’écorce et maintenant, ils vous envoient à l’abattage. Ce n’est pas vous qui êtes nécessaires aux communistes, mais leur pouvoir sur vous, pour qu’ils puissent plus tard encore opprimer le peuple selon leur bon plaisir.

Assez senti sur vos épaules le joug des oppresseurs !

Rejoignez-nous pour marcher épaule contre épaule sur l’ennemi commun, pour affranchir la Russie Soviétique et nos frères paysans et ouvriers de la meute de pillards que commandent les sangsues Trotski et Zinoviev.

Aux armes, camarades !
En avant, tous unis contre l’ennemi ! La victoire est à nous !




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